IREFI et les CCEF ont organisé le 11 septembre à Rome le Forum de l’entreprise familiale France-Italie à la Villa Médicis à l’Académie de France à Rome. L’occasion pour les nombreux participants d’échanger sur les pratiques respectives des entreprises familiales de part et d’autre des Alpes.

Le succès fut au rendez-vous, le 11 septembre dernier, à la Villa Médicis. Malgré la pluie, le Forum des entreprises familiales organisé par IREFI et les CCEF a permis de réunir près de 200 participants autour d’un plateau de choix ! Thème de cette journée d’échanges et de réflexion : l’entrepreneuriat familial de part et d’autre des Alpes. Tout juste nommé à Rome, le nouvel Ambassadeur de France en Italie, son Excellence Christian Masset, nous a fait l’honneur d’ouvrir cette « rencontre primordiale » qui incarne tout ce dont nous avons besoin : « une meilleure compréhension et une meilleure connaissance mutuelle », a t-il souligné, estimant que la France et l’Italie constituent « le moteur de l’avenir de l’Europe » et qu’il « faut faire en sorte qu’elles soient des puissances agissantes de progrès. »

Une ambition à laquelle œuvre IREFI depuis sa création à travers ses activités, ses rencontres, et les événements spécifiques tel le Forum du 11 septembre dont l’objet est précisément de favoriser la connaissance réciproque pour mieux travailler ensemble. En introduisant l’après-midi de tables rondes, la Vice-Présidente du Sénat italien Linda Lanzillotta, fidèle soutien d’IREFI, l’a également souligné : « L’intégration entre les entreprises françaises et italiennes peut présenter une grande opportunité à condition …de partager une méthode de travail et un langage commun ».

C’est tout l’enjeu des relations entre nos deux pays, et la vocation spécifique d’IREFI : aider les entreprises des deux côtés des Alpes à mieux appréhender les différences culturelles et en finir, comme l’explique son président, Fabrizio Maria Romano, avec ce « paradoxe de la proximité » qui entretient une confusion entre proximité géographique et proximité culturelle. « Nombreux sont les rapprochements d’entreprises ou les implantations qui échouent de ce fait », explique-t-il. C’est pourquoi l’une des missions d’IREFI est de travailler sur le thème des différences culturelles afin d’augmenter le taux de réussite des opérations. »

Un axe d’autant plus essentiel que l’on assiste, comme l’a souligné la Vice-Présidente Linda Lanzillotta, à une accélération des investissements italiens en France à raison d’une augmentation de 68% en 2016 ! Les liens tissés ne sont pas négligeables : 1800 entreprises italiennes qui représentent 130 000 salariés sont présentes en France. « De son côté, la France est le premier investisseur en Italie ! » a rappelé Fabrizio Maria Romano.

Dans ce contexte, les entreprises familiales jouent un rôle majeur. Et comme l’a fait remarquer le Président de UNINDUSTRIA Roma et Lazio, Filippo Tortoriello, celles-ci ont davantage propension à opérer à l’étranger que les grandes entreprises.

Cependant, comme l’a souligné Luigi Abete, président de BNL, bien qu’elles soient complémentaires, « les entreprises françaises et italiennes doivent dépasser une forme de défiance réciproque ». Après avoir rappelé le succès de la fusion entre BNL et BNP Paribas, le président de BNL a averti : « les Italiens doivent comprendre que la grandeur française est un héritage de l’histoire et les Français doivent comprendre, eux, que l’Italie est un pays solide et travailleur. »

A la suite de ces propos introductifs, la première table ronde sur l’impact des valeurs de l’actionnariat familial sur le rapprochement des entreprises françaises et italiennes culturels a permis de découvrir, notamment, le témoignage de Jérôme Bataille, directeur des opérations externes chez Poclain, à propos du rachat d’une usine à la famille Torci en Italie. » C’est parce que nous nous connaissions de longue date et que nous partagions les mêmes valeurs que ce rachat s’est bien passé », a t-il relaté

La deuxième table ronde autour de la problématique de la transmission d’entreprise et des best practices à mettre en place, a permis d’explorer l’une des questions les plus délicates qui touchent les entreprises familiales des deux côtés des Alpes. Elena Zambon, Présidente de l’Association Italienne des Entreprises Familiales (AIDAF), Présidente de Zambon SPA, Vice-Présidente de ASPEN Italia et Luc Darbonne membre du Board du “European Family Business” (EFB), ancien Président du “Family Business Network France” (FBN France), Past Président du groupe familial Darome et directeur général de la holding familiale ont pu échanger leurs points de vue. Pour Elena Zambon dont l’entreprise a t-elle souligné fait partie des 13% d’entreprises ayant survécu après la troisième génération, « la théorie parfaite n’existe pas. Il s’agit de trouver une méthode qui allie sensibilité, amour de l’entreprise et rationalité ». Pour Luc Darbonne, une séparation nette entre famille et managers externes est indispensable. « Une bonne gouvernance familiale consiste à respecter l’entreprise et ses cadres » a t-il souligné. Une exigence relevée aussi par la spécialiste Diane de Ferron, membre du conseil scientifique de FBN : « professionnaliser la gouvernance, c’est séparer les émotions et le business. »

L’examen des spécificités des entreprises familiales italiennes et françaises a permis de mettre en relief, notamment, les différences de régimes fiscaux, en défaveur de la France comme l’a souligné Sergio Arzeni , Président INSME – International Network for SME, Senior Advisor du think-tank de Bruxelles « Friends of Europe » et ancien Directeur de l’OCDE. Les entreprises italiennes étant favorisées en cas de succession et de transmission à la génération suivante ». A l’heure de l’Europe, favoriser les rapprochements des systèmes de fiscalité permettrait d’encourager les rapprochements d’entreprise en Europe a fait remarquer Sergio Arzeni.

Vice Président d’IREFI, Olivier Mellerio a conclu cette riche journée d’échanges dont de larges extraits seront consultables sur notre site internet. « Dans un monde qui change en permanence, a t-il souligné, il faut pouvoir se réinventer en permanence. ».

Plus d’informations :

→ Les photos, le compte rendu et bientôt les vidéos de l’événement sur notre site internet. 

 

 

 

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