Les chantiers navals de Saint-Nazaire battront bien pavillon italien. Après plusieurs mois de tractations entre le gouvernement français, Fincantieri et le tribunal de commerce de Séoul, l’État a donné son accord de principe à la reprise de STX France par le groupe italien.

Il y a encore une semaine, l’Élysée brandissait la menace d’une nationalisation temporaire des chantiers navals, considérés comme trop stratégiques pour être laissés à un seul investisseur étranger. La reprise à laquelle l’État a donné son accord ne laisserait finalement au groupe italien qu’une majorité relative, avec 48% de STX France. L’État conserverait ses 33% actuels, tandis que le groupe public DCNS entrerait au capital pour environ 12%. Les 7% restants seraient repris par une fondation privée italienne, proposée par Fincantieri mais totalement indépendante du groupe italien, la Fundazione Cassa di Risparmio di Trieste.

Le gouvernement français exige par ailleurs un droit de veto valable vingt ans lui permettant de s’opposer à la réduction de l’activité des chantiers, au transfert de leur savoir-faire ou à l’établissement de partenariats hors d’Europe. Par ailleurs, les intérêts de la défense nationale devraient être préservés : les chantiers sont les seuls de France à même de réaliser les grands bâtiments de la Marine nationale.

Les dirigeants de Fincantieri et les autorités italiennes se sont déclarés grandement satisfaits de la décision du gouvernement français. Le ministre de l’Économie et des Finances, Pier Carlo Padoan, se réjouissant de l’accord, y voit « la démonstration que les grandes entreprises italiennes ayant investi dans la compétitivité et la crédibilité internationales peuvent prendre une position de leadership dans des secteurs stratégiques de l’économie mondiale ».

Il est dorénavant prévu, dans les semaines à venir, que soit lancée la procédure d’information-consultation du comité d’entreprise et que Fincantieri achève la négociation du rachat de ses actions à l’actionnaire coréen. Le Gouvernement aura alors à se prononcer sur l’accord définitif.

Pour en savoir plus :

Le Monde : Accord de principe du gouvernement pour une reprise de STX par l’Italien Fincantieri

Challenges : STX : comment Fincantieri a décroché la timbale

Le Parisien : Chantiers navals STX : après le rachat par Fincantieri, les craintes des salariés

Communication du ministère de l’Économie et des Finances

La Repubblica : Fincantieri, accordo su Stx. Entra la Fondazione Cassa di risparmio di Trieste

Articles d’IREFI

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