Annoncée en janvier dernier, la fusion entre les deux géants de l’optique reste soumise aux décisions des autorités de la concurrence : le Canada a donné son accord le 28 novembre. La juridiction européenne a quant à elle ouvert le 26 septembre une enquête approfondie.

Le Canada autorise le rapprochement d’Essilor et Luxottica. L’aval des autorités de la concurrence canadiennes était l’une des conditions nécessaires pour la finalisation de l’accord. Au cours de l’année, les deux groupes ont communiqué régulièrement sur les avancées de l’opération. Retour sur la plus grosse fusion franco-italienne depuis 1992.

Au terme de six mois de négociations, Essilor, numéro un mondial des verres correcteurs et Luxottica, leader de la fabrication de montures, ont annoncé mi-janvier la signature d’un accord de rachat. Cette opération donnera naissance à un géant de l’optique, rassemblant la production de verres et de montures dans une même société. Le nouveau groupe espère atteindre un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros et une capitalisation boursière de 50 milliards d’euros.

Juridiquement, cette transaction correspond à une offre publique d’échange (OPE) qui implique le rachat de Luxottica par Essilor. La nouvelle société sera de droit français, cotée à Paris, avec un siège situé en région parisienne. Toutefois, la dimension italienne du groupe ne sera pas négligeable. En effet, Leonardo Del Vecchio, actuel PDG de Luxottica, détiendra 31 à 38 % du capital de l’entreprise. De plus, le conseil d’administration d’Essilor International a publié en mars son projet de gouvernance pour le futur groupe, rebaptisé EssilorLuxottica. Leonardo Del Vecchio a été désigné comme PDG et Hubert Sagnières, actuel PDG d’Essilor, sera vice-président-directeur général délégué. Toutefois, Hubert Sagnières a annoncé dans une interview donnée au Financial Times début décembre la volonté de doter le groupe EssilorLuxottica d’un nouveau PDG. Aucune date précise n’a cependant été donnée. D’ici cette nomination, MM. Del Vecchio et Sagnières partageront la direction de l’entreprise.

Cette opération et les dispositions nécessaires à sa réalisation ont été approuvées à une grande majorité par les actionnaires des deux groupes dès mai dernier.

Les autorités de la concurrence de différents pays se sont saisies du dossier. Parmi elles, les approbations de cinq juridictions, Canada, Union Européenne, Etats-Unis, Brésil et Chine  sont des conditions suspensives au succès du rapprochement. Actuellement, onze juridictions à décisions non suspensives ont déjà donné leur accord. Selon le groupe, après le Canada, la décision de la Chine devrait être annoncée sous peu.

En Europe, l’enquête semble arriver à terme. La Commission européenne a jusqu’au 8 mars pour annoncer leur décision. Toutefois selon Reuters, l’Union européenne serait prête à accepter la fusion sans conditions.

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