À moins d’un mois de l’élection présidentielle, l’Elysée semble durcir le ton dans les négociations du rachat des chantiers navals de Saint-Nazaire par l’italien Ficantieri. Le journal Le Monde rapporte en effet qu’une nationalisation préemptive serait envisagée par l’État, actionnaire à 33% de STX France, si Ficantieri ne cédait pas à ses exigences, et ne renonçait notamment pas à la majorité absolue des titres.

Selon Le Monde, l’État serait prêt à revendre une majorité des parts, après la nationalisation, à des investisseurs privés, comme l’italo-suisse MSC et l’américano-norvégien Royal Caribben, ainsi qu’à DCNS et aux dirigeants et salariés des chantiers.

Les réactions de Fincantieri et de la presse italienne ont été très vives : une source du Journal du Dimanche annonce : « Nous avons satisfait à toutes les demandes françaises. On ne lâchera pas. C’est peut-être le dernier dossier industriel de François Hollande, mais le temps joue pour nous ». Le président de la Cassa Depositi et Prestiti (actionnaire à 72% de Fincantieri), Claudio Costamagna, dénonce, quant à lui, une attitude honteuse et inacceptable qu’il qualifie de manœuvre pré-électorale.

Une certitude : l’État français semble déterminé à limiter Fincantieri à une minorité relative, pour préserver un fleuron industriel au caractère stratégique aigu : il s’agit des seuls chantiers navals français à même de réaliser les grands bâtiments de la Marine nationale, et notamment un éventuel second porte-avion français. Pour le secrétaire général de la CGT Navale, Sébastien Benoit, la menace de nationalisation n’est peut-être « qu’un coup de bluff ». L’État n’a pas confirmé pour l’heure les informations du journal Le Monde.

Pour en savoir plus :

Le Monde : L’Etat envisage une nationalisation transitoire des chantiers de Saint-Nazaire

Mer et Marine : Saint-Nazaire : La pression s’accentue sur Fincantieri

Le Journal du Dimanche : Chantiers navals : STX n’est pas encore nationalisé

L’Usine Nouvelle : Pourquoi le dossier STX France est loin d’être clos

Il Sole 24 Ore : Fincantieri, il braccio di ferro sui cantieri Stx France diventa test elettorale

La Repubblica : Costamagna attacca la Francia per Fincantieri: « Vergognosi »

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